Déclaration du collectif international de solidarité avec le peuple kurde

Avec le soutien de l’OTAN, le régime dictatorial du président turc Erdogan ne poursuit pas seulement sa guerre contre le peuple kurde et ses alliés à l’intérieur des frontières de la Turquie, mais l’étend à la Syrie et à l’Irak, et même à la Suède et à la Finlande. Nous reconnaissons que la lutte des Kurdes pour une véritable démocratie, la libération des sexes et l’écologie est une lutte qui nous concerne tous à une époque de montée de l’autoritarisme dans le monde entier. Aujourd’hui, être solidaire avec les Kurdes signifie défendre un avenir démocratique pour tous.

Le soutien du système étatique international aux attaques du régime contre le peuple kurde devient permanent. Tout récemment, lors du sommet de l’OTAN à Madrid, lorsque la Suède et la Finlande ont demandé à rejoindre l’OTAN, Erdogan a bloqué l’adhésion de ces pays, exigeant l’approbation de ses politiques de massacre contre les Kurdes. Pour lever le veto de la Turquie, l’OTAN a conclu un sale marché autour des Kurdes, donnant en fait à Erdogan la permission de procéder à un nettoyage ethnique. L’autocrate a ainsi réussi à exploiter la situation, et la lutte du peuple kurde pour la liberté et la démocratie a été une fois de plus sacrifiée pour des avantages économiques, militaires et diplomatiques.

Il y a quelques années seulement, la situation était bien différente : dans la guerre contre l!EI la Coalition internationale a été contrainte de reconnaître et de soutenir les peuples kurdes et leurs alliés comme les forces de défense les plus efficaces de leur patrie. Des dizaines de milliers de femmes et d’hommes kurdes ont perdu la vie dans ce combat, ainsi que nombre de leurs alliés, mais le monde entier a reconnu leur bravoure et leur héroïsme. Le fait qu’Erdogan ait permis et aidé l!EI pendant cette guerre n’est un secret pour personne, et son régime continue d’occuper certaines parties du Rojava (nord de la Syrie) à ce jour, avec des rapports terribles de déportation forcée, de torture et de meurtre de ses habitants en conséquence.

Pourtant, aujourd’hui, alors que le président turc fait du chantage et criminalise les actions de revendication des droits fondamentaux des kurdes, le système international a laissé le peuple kurde à sa merci. Le sommet de l’OTAN a en effet donné à la Turquie le feu vert pour attaquer les Kurdes, ce qui n’est rien d’autre qu’un coup de poignard dans le dos, et pour violer les droits humains des Kurdes en Turquie, dans tout le Kurdistan et au-delà.

L’État turc actuel est ultra-nationaliste, assimilationniste et autoritaire, et emprisonne des milliers de politiciens, de journalistes, d’universitaires et de militants d’origine turque et kurde. L’ordre international sanctionne la guerre de la Turquie contre les Kurdes à l’intérieur de ses frontières, ce qui ne fait que radicaliser davantage les ambitions d’annexion d’Erdogan. En effet, depuis les années 1980, le soutien international à l’État turc l’a encouragé à à avoir recours à des solutions violentes à la question kurde, une violence qui s’est récemment étendue à la Syrie et à l’Irak. Seule la participation des deux parties à une table de négociation peut résoudre cette question de manière pacifique.

La lutte kurde, pour sa part, est une lutte pour la démocratie, la libération des sexes et l’écologie, qui sont toutes des menaces importantes dans le monde au XXIe siècle. Contrairement à la marée montante des politiques de droite fondées sur le nationalisme, la misogynie et le racisme, les Kurdes et leurs alliés au Rojava (nord de la Syrie) et dans toute la Syrie ont établi un modèle de gouvernance inclusif connu sous le nom de “confédéralisme démocratique” et sont ainsi devenus une lueur d’espoir pour les luttes démocratiques dans le monde.

Nous sommes aux côtés des Kurdes contre l’OTAN qui permet la politique d’occupation et d’annihilation du régime d’Erdogan. Nous nous opposons aux opérations turques meurtrières en Irak qui visent à tuer ceux qui ont défendu le monde contre l!EI lorsque personne d’autre ne répondait aux appels à l’aide.

Nous exigeons que la Suède et la Finlande refusent de mettre en œuvre les demandes antidémocratiques et illégitimes d’Erdogan pour l’extradition de leurs citoyens d’ascendance kurde – ni nous ni les peuples de ces pays ne le toléreront. Ceux d’entre nous qui luttent pour la liberté, la démocratie et le droit à l’autodétermination tirent leur droiture de la conscience des peuples du monde, et nous sommes bien plus forts que les dictatures.

Nous nous unirons contre les actions trompeuses de la Turquie qui terrorisent les représentants légitimes du peuple kurde et leurs alliés.

Nous sommes pour la démocratie et les droits de l’homme et contre la guerre, l’expansionnisme, le génocide, le fémicide et l’écocide. Nous appelons tous ceux qui partagent ce point de vue à soutenir ce Collectif international de solidarité kurde. Ensemble, nous pouvons vaincre les politiques de guerre sans fin et faire en sorte que ce qui arrive aux Kurdes aujourd’hui ne se poursuive pas et n’arrive pas à d’autres groupes vulnérables dans le monde, maintenant ou à l’avenir.

Tout comme nous luttons contre les politiques et les structures oppressives dans nos pays d’origine, nous nous unissons aujourd’hui pour soutenir le peuple kurde, qui a vaincu l!EI mais qui est actuellement confronté à de nouvelles menaces de nettoyage ethnique de la part d’Erdogan. Nous demandons maintenant à tous de soutenir le mouvement kurde en ce moment critique – de se tenir à nos côtés pour soutenir la liberté, la démocratie et la paix, pour les Kurdes et pour tous les peuples.

Premiers signatoires